.__________A l o r s , * e n c u l o n s * T o m * à * t r o i s * . . . .__________________U n ____ . * . * . ____ D e u x ____ . * . * . ___ T r o i s __ !

.__________A l o r s , * e n c u l o n s * T o m *  à *  t r o i s *  . . . .__________________U n ____ . * . * .  ____ D e u x ____  . * . * .  ___ T r o i s __  !
_ Bienvenue, Bienvenue au Royaume des Contes de Fées !


___________t_i___________________
___________t_!
___________t_!_Dans ce pays enchanteur, où la vie n'est qu'une illusion face aux rêves, vous
___________t_!_ferez le plus merveilleux!des!voyages. Je ne vous propose pas un monde aux
___________t_!_jolies couleurs bariolées, où vivent licornes et autres dragons. Non ça, ça sera
___________t_!_pour une autre fois ... Ici, je vous guide dans la vie d'un jeune garçon, qui croit
___________t_!_encore que quelque part l'attend l'amour de sa vie. Nous qui avons perdu tout
___________t_!_espoir de trouver le !prince Charmant, !sommes peut-être bien pragmatiques.
___________t_!_Ou peut-être est-ce ce jeune !homme qui est trop naïf ?! Pour le! savoir,! il faut
___________t_!_suivre !l'histoire. L'histoire !de! Tom, le! héros !du !conte qui suit!, qui !souhaite
___________t_!_tellement trouver sa princesse!, qu'il ne s'aperçoit pas! qu'il est celle de! quel-
___________t_!_qu'un d'autre ...
___________t_!_


_ _ ___


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# Posté le dimanche 12 avril 2009 14:37

Modifié le vendredi 01 mai 2009 05:01

Taggage -_-

Chaque personne taguée doit marquer le règlement sur son blog et le nom de la personne qui l'a taguée. La personne taguée doit ensuite marquer sept choses sur elle et taguée sept autres personnes qu'elle doit énumérer sur son blog. Les personnes taguées doivent être prévenues par commentaires.


๑ J'ai un look parfois étrange (genre un jour en robe avec tulle, l'autre en slim et le dernier en Baggy <3)

๑ Je joue de la guitare (2 ans) & du piano (4 ans) *_*

๑ Je passe mon BAC en juin >_<

๑ Je n'ai jamais encore terminé une seule fiction de ma vie (et j'en ai 3).

๑ Je fantasme sur Tom *ç* (okay, pas dur à deviner xD).

๑ Je donne un nom à tous mes objets fétiches (Matthew le portable, Bertrand l'ordi, Marta la gratte ...).

๑ J'ai reçu 17 messages de Skyrock pour me souhaiter mon anniversaire XD

Je taggue *mouhahahaha la vengeance* :

- Roxichaaaat <3
- Zazouille
- Misty_Kat
- Emrys
- Alex
- Miliie
- Hélène


...

# Posté le mardi 05 mai 2009 15:22

Tommi's so sweet. (L)

Tommi's so sweet. (L)
_________________________________________________________________________________________Prologue

_______La musique. C'était toute sa vie.

Ses doigts s'accrochaient aux cordes usées de sa guitare. Le regard dans le vague, il chantait doucement les paroles d'une chanson triste. Il aurait tant voulu en faire son gagne pain. Il avait du talent. Mais pas vraiment de charisme.

Combien de fois avait-on pu lui dire qu'il était mou ? Qu'il n'aurait pas fait peur à une mouche ? Bien trop souvent à son goût. Sa voix n'était pas très belle non plus, pourtant il aurait pu faire partie d'un groupe. Il aurait tellement aimé, il en rêvait parfois encore. Mais à vingt-six ans passés, ça commençait à devenir vraiment utopique.

Non, lui il devait se contenter de ce qu'il avait déjà. Et pour ça, il était doué. On lui avait toujours appris à aimer ce qu'il possédait, et ne pas trop envier les autres. La jalousie est le pire des péchés. Et il l'avait bien compris.

Laissant la mélodie l'emporter, il joua les dernières notes, susurrant la fin de la chanson. Un soupir de bien-être glissa entre ses lèvres. C'était réellement une échappatoire, la musique.

_______La musique, et la lecture ; ses deux soifs de vivre.

Il jeta un coup d'½il au vieux réveil matin qui trônait sur sa petite table de nuit, et ses yeux s'écarquillèrent brusquement. Il allait être en retard. Encore. Posant sa guitare d'un geste vif sur son lit, il se précipita dans la petite salle de bains de son studio. Il enfila un t-shirt moins large que le précédent et saisit trois dreads de chaque coté de sa tête pour les nouer derrière.

Son patron allait le tuer, il lui avait promis de ne plus faire de faux pas. Il ne pouvait pas se permettre de perdre son boulot. Passant près du comptoir il prit ses clefs et un paquet de chewing-gum, se promettant de ne jamais plus jouer de musique alors qu'il s'apprêtait à partir. Il avait pourtant essayé des dizaines de fois d'arriver en avance, mais rien à faire.

_______Il était un rêveur étourdi de première.

Claquant la porte derrière lui, il glissa la clef dans la serrure avec un geste désordonné, et dévala les marches d'escalier quatre à quatre, manquant de s'étaler à plusieurs reprises. Il sortit de son immeuble à pas rapides et jura regardant l'heure sur sa montre une nouvelle fois.

Il n'aimait pas vraiment se faire remarquer, mais, il n'avait visiblement pas le choix. Il se mit à courir tout en essayant de garder son souffle. Il ne travaillait qu'à deux rues de chez lui. Mais deux, très longues rues. Bousculant quelques passants, et trébuchant à maintes reprises, il finit par arriver devant l'enseigne colorée du supermarché. Il s'y pressa, retrouvant difficilement sa respiration. Il n'était pas très sportif, et un point de côté commençait à se faire sentir.

Néanmoins, il garda son calme et passa la porte coulissante. Il s'arrêta rapidement au niveau d'une caisse vide, n'osant pas regarder autour, de peur de voir le patron lui brandir un contrat de licenciement sous le nez. Glissant derrière la caisse, il attrapa le gilet rougeâtre qui gisait là et le mit.

Si le patron ne l'avait pas vu, il s'en sortait bien. Mais ça l'étonnait qu'il ne soit pas entrain d'épier chacun de ses gestes pour le virer dès la première opportunité. Peut-être était-il parano ?

Une main posée sur son épaule le fit sursauter et émettre un petit cri de stupeur.
Le rire familier de sa jeune collègue le rassura rapidement.

-« Alors, toujours fidèle à toi-même ? » dit-elle, le regard rieur tandis qu'elle passait quelques articles devant le détecteur de code barres.

Il sourit timidement, pris en faute.
-« Mouais ... »

Il s'installa sur son siège, et jeta un regard autour de lui. Le patron ne rôdait pas. Mais il savait qu'il ne serait pas tranquille avant de l'avoir vu au moins une fois. Ce gars le rendait dingue.

Quelques clients s'impatientaient déjà devant sa caisse, et il fit l'effort de leur sourire. Mais le c½ur n'y était pas. Parce que sa vie se résumait à ça. Et que, au contraire de nombreuses personnes ici, ce n'était pas un boulot d'instance qu'il faisait.

C'était juste, tout ce qu'il avait. Et il ne savait pas où tout ça allait le mener.

Il soupira faiblement alors qu'il saisissait les articles un par un.

_______La vie de Tom était si monotone.





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Mon Blog d'OSMon annuaire de Tom DominéMa fiction UAMa fiction M-preg
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# Posté le vendredi 26 décembre 2008 19:23

Modifié le lundi 20 avril 2009 14:05

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o1

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o1
______________________________________________________________________________________Chapitre o1

Deux yeux verts étaient posés sur Tom, qui comptait soigneusement l'argent qu'il avait en caisse. La jeune femme sourit tristement. C'était vraiment un gentil garçon. Peut-être un peu trop parfois. Beaucoup même. Tom était si passif avec la vie. Comme si rien ne pouvait l'atteindre.

En réalité, ce n'était pas le cas, tout l'atteignait et particulièrement fort. C'est juste que Tom croyait ne rien pouvoir y faire. Alors il se battait à peine. Elle aurait bien aimé être plus qu'une amie pour lui. Mais il était si renfermé sur lui-même. Il était impossible de percer sa carapace amoureuse. Il ne laissait personne toucher son c½ur.

Pendant un moment, elle avait cru que Tom avait vécu une histoire qui l'avait détruit et qu'il se protégeait ainsi. Mais au fur et à mesure qu'elle en connaissait plus sur lui, elle avait compris. Ça n'avait rien à voir.

Tom se tourna brusquement vers elle en laissant tomber bruyamment le couvercle de sa caisse, et il rit un peu de son sursaut. Elle lui lança un faux regard outré, lui tirant un sourire.
-« Alors ? Toujours rendez-vous avec le vendeur de chaussures ce soir ? » demanda Tom, visiblement amusé.

La jeune fille haussa un sourcil devant la médisance du garçon.
-« Mais qu'est-ce que t'as avec lui ? Il est pourtant mignon, et sympa. » répondit-elle.

Tom grimaça un peu, indécis.
-« J'sais paaas ... il est ... j'le sens pas, c'est tout. » dit-il, en se retournant pour rassembler ses affaires.

La jeune caissière sourit, voyant déjà d'où venait le problème. Elle se leva et fit le tour de sa caisse pour passer derrière celle de Tom. Ses mains se posèrent sur ses épaules qu'elle sera doucement.
-« Je n'vais pas l'épouser Tom. Tu as raison, ce n'est pas l'Homme de ma vie, mais ce n'est pas ce que je cherche pour le moment. »

Elle glissa ses doigts dans les dreads du jeune homme pour remettre derrière celles qui étaient passées devant. Cet aspect de la personnalité de Tom l'agaçait un peu. Il ne répondit pas. Il savait qu'il ne faisait pas les choses comme il le fallait. Il ne faisait rien comme il faut d'ailleurs.

-« Allez boude pas. » dit-elle, d'une voix rieuse en se penchant pour embrasser sa joue.
Tom sourit faiblement.
-« Aaaah, Amélie ... tu sais comment me faire chier hein ? »
Il se releva en glissant tous les objets utiles dans ses poches, puis se retourna et poussa la jeune fille vers la sortie.
-« Eh ! » protesta-t-elle.
Le dreadeux rit franchement en continuant de la pousser, alors qu'elle était à la limite de trébucher.

A cet instant, une main se posa sur son épaule et Tom failli crier de stupeur en voyant à qui elle appartenait, mais il se contenta de rougir comme une tomate, en lâchant Amélie du plus doucement qu'il pu. L'homme fixa Tom d'un ½il méchant pendant plusieurs secondes, sans rien dire, puis il tourna la tête vers son amie.
-« Vous pouvez rentrer Mademoiselle, on se voit demain. »

Sa voix était désagréable à l'entente. Plus aiguë que grave, elle grinçait un peu et son ton sec faisait frissonner Tom, qui s'attendait déjà au pire. Il se doutait que la journée ne se finirait pas dans le calme. S'il perdait ce travail, il allait encore devoir s'inscrire à l'ANPE et prouver son mérite. Parce que c'est tout ce qu'il possédait. De la bonne volonté et du mérite. Pas de bon CV. Et malheureusement, on ne pouvait pas faire grand-chose sans.

L'homme le regardait comme s'il était ridicule. Tom avala difficilement sa salive. Il ne le sentait pas. Mais alors, pas du tout.
-« Monsieur Kaulitz ... pour la troisième fois cette semaine, vous étiez en retard. » déclara-t-il, d'un ton las.
Tom fixait le sol, désolé. Il n'y était pour rien. Sa vie n'était qu'une grossière erreur, et il l'avait compris bien assez tôt.

Il inspira faiblement, pour marmonner :
-« Excusez-moi. Ça n'arrivera plus, je vous le promets. »
-« Oh, comme pour les deux dernières fois si j'ai bien compris. »
dit-il méchamment.

Dans ces moments-là, qui malheureusement arrivaient souvent dans sa triste vie, Tom se sentait aussi petit et insignifiant qu'un grain de sable. Et pourtant, il pouvait se vanter de dominer pas mal de monde de sa taille, y compris le petit chef du supermarché qui cancanait à ses pieds dans son costume bleu marine.
-« Il va vraiment falloir vous rattraper. Il est bien stipulé dans votre contrat de travail que vous avez des horaires stricts, même si vous travaillez à mi-temps. Et, si vous ne respectez pas votre contrat, il va peut-être falloir ... le résilier. » dit-il, avec ironie.

Il était évident, pour n'importe qui, que cet homme prenait un malin plaisir à torturer Tom. Il ne le supportait pas. Lui et son corps, lui et son visage, lui et sa gentillesse, lui et sa flemmardise. Bref, Tom ne lui revenait pas. Il n'avait qu'une hâte, le virer. Au prochain retard, il n'hésitera pas à donner un peu de sa poche pour payer son licenciement.

Tom acquiesça vivement, sentant un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale, mais n'osant toujours pas le regarder. L'homme jubilait de voir ce grand garçon, bien plus musclé que lui, se soumettre totalement à ses ordres. Il décida d'en rajouter une couche, pour le plaisir.
-« Est-ce que c'est bien compris ? Je ne tolérerais plus un seul retard Monsieur Kaulitz. »
-« Je ... j'ai compris. »
murmura Tom.

Le patron sourit malhonnêtement. Quoi qu'il fasse, il allait le virer. Il y a des gens, dont la tête nous insupporte, et que l'on frapperait sans même les connaître. Eh bien, il avait vu Tom, l'avait engagé de bonne grâce et avait appris par la suite qu'il était tout ce qu'il détestait. Rien de pire.
-« Rentrez chez vous. Et dormez, peut-être que vous arriverez à l'heure ... » dit-il en soupirant, reprenant la direction de son bureau.

Tom ne fit pas prier et quitta rapidement le magasin, soufflant fortement dans l'air froid. Il détestait son job, il détestait son patron, et plus globalement, sa vie. Les seules personnes qu'il aimait, c'était ses amis. Il ferait tout pour eux. Dévoué et fidèle, c'est ainsi qu'on le considérait, à juste titre. Il jeta un dernier regard au magasin, avant de se diriger vers son petit studio. Il habitait en centre ville. C'était pratique, mais plus cher qu'ailleurs. Et il avait besoin de son salaire de caissier. C'était toujours mieux payé que les allocations chômages. Que ce soit pour payer ses factures, ou aider son père à repartir du bon pied. Les séances du psychiatre et les médicaments n'étaient pas forcément remboursés par la Sécurité Sociale.

L'air froid lui éclaircissait les idées et les rues animées du centre ville lui mettaient du baume au c½ur. Il sourit tristement en voyant deux amoureux se balader main dans la main. Combien de fois avait-il rêvé de cela ? Il se faisait une idée si arrêtée de l'amour et du couple. Tout le monde en parlait toujours, ça ne pouvait être que merveilleux n'est-ce pas ? Tom n'avait pas vraiment expérimenté tout ça. A vingt-six ans, il avait déjà eu des expériences sexuelles, bien entendu. Mais aucune vraie expérience amoureuse. Du moins, pas plus de trois mois. Et ça n'avait rien de très sérieux.

La fille embrassa la joue du garçon et murmura quelque chose à son oreille. Celui se mit à rire et elle agrippa sa main plus fort, alors qu'ils croisaient Tom. Elle lui adressa un joli sourire, et quelques secondes plus tard, sortait de son champ de vision. Le c½ur de Tom se serra. Connaîtrait-il ça un jour ? Où serait-il forcé de finir sa vie, seul, sans amour, à regarder les autres se marier et s'aimer ? Cette pensée, récurrente, était sa question existentielle. Et elle le rendait particulièrement triste.

Il traversa la rue pour regagner l'entrée de l'immeuble qu'il habitait. Au moment où il glissait sa main dans sa poche pour attraper ses clefs, un petit objet vibra contre celle-ci. Il sortit vivement son portable. Il avait reçu un texto d'Amélie. Souriant pour lui-même, il glissa sa clef dans la serrure et pénétra le hall, puis lu le petit message : « Hey, j'espère que cet imbécile t'a pas viré. Appelle moi si ça va pas. Bisous, Amé. » Heureusement qu'il pouvait compter sur ses amis en retour. Sa vraie seule raison de vivre.

Après celle qui consistait à trouver le grand Amour, bien sûr.






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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 15:34

Modifié le lundi 20 avril 2009 14:05

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o2

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o2
______________________________________________________________________________________Chapitre o2

Le hurlement strident du réveil résonna violemment dans la chambre noire. Les volets fermés laissaient filtrer quelques traits de lumière. La journée s'annonçait grisâtre. Une fine main sortit de la couette pour appuyer maladroitement sur l'appareil tressautant. Le jeune homme s'étendit en gémissant de paresse et soupira. Ouvrant les yeux, il fixa le plafond de couleur indéterminée.

On était mardi, autrement dit, jour de repos. Et si le réveil fonctionnait quand même aujourd'hui, c'était tout simplement que Tom était persuadé de ne jamais se lever s'il ne le mettait pas. Il laissa ses pensées dériver quelques minutes avant de regarder l'heure. Un petit souffle quitta sa bouche, signe que la journée le fatiguait d'avance. Il se redressa finalement et se leva, manquant de perdre l'équilibre. Tom était incontestablement maladroit, mais, habitué, il supportait chacune de ses erreurs et casses avec apathie.

Il était neuf heures trente quatre. Sa seule tâche de la matinée consistait à passer à la pharmacie. Néanmoins, il avait largement le temps, et voulait profiter de ce temps libre pour ranger son appart. Bien que ce ne soit qu'un studio, Tom réussissait toujours à accumuler des tonnes de fringues, pourtant pas si nombreuses, de partitions et de cartons de pizzas, sa nourriture de base. Grand flemmard qu'il était, chaque mardi matin devenait un nettoyage de printemps.

Étouffant un bâillement, il se dirigea doucement vers l'étroit escalier de sa mezzanine. Un bruit sourd résonna, vite suivi d'un juron, tandis que Tom se massait le front, crachant une nouvelle insulte. Incorrigible maladroit. Rares étaient les matins où il évitait cette poutre, sur le chemin de la cuisine. S'abaissant il passa dessous, s'insurgeant de sa propre taille, et descendit prudemment les escaliers (craignant toujours une nouvelle chute, il finissait par oublier de faire attention pour mieux recommencer).

Rapidement, il mit la machine à café en route, et se glissa dans la salle de bains, pour en ressortir quelques minutes plus tard, lavé et habillé de vêtements plus larges que lorsqu'il sortait de chez lui. Il aimait être à l'aise dans ses habits. Surtout pour le rangement du mardi matin. Il se servit du café, et jeta un ½il par la petite fenêtre qui donnait sur un corridor intérieur, où l'on pouvait voir les fenêtres des voisins. Il aperçu la mère de famille d'en face, qui semblait préparer à manger. Elle avait l'air heureux. Tom aurait aimé l'être autant.

Il sursauta en entendant le crépitement des gouttes qui s'écrasent au sol. Le blond soupira avec lassitude. Il avait encore rempli sa tasse de café jusqu'à la faire déborder. Sa déconcentration chronique lui valait sans cesse ce genre de problèmes. Il posa la cafetière et chercha une éponge sur l'évier. La matinée allait être longue.

~

La porte coulissante s'ouvrit dans un tintement désagréable et bruyant, tandis que Tom quittait l'endroit à l'odeur médicamenteuse. Trimbalant son petit sac blanc flanqué d'une croix verte, il prit la direction des quartiers les moins aisés de la ville. Habillé comme il l'était, il passait généralement inaperçu. Son look lui avait autrefois valu des tas d'insultes proférées par les gangs du coin. Désormais, il était connu, et faisait entièrement partie du paysage. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. Se fondre dans la masse, c'était sa spécialité.

Il traversa quelques carrefours, ne regardant que le sol, et la route en cas d'extrême nécessité. Pour ne pas être vu, ne pas regarder. Ses pas le guidèrent jusqu'à un immeuble visiblement délabré. Un des nombreux HLM de la zone. Il soupira faiblement, se rapprochant de l'entrée. Tout semblait vétuste, les logements autrefois flambants neufs, paraissaient bon pour la démolition.

Ses doigts se crispèrent sur la bride du petit sac plastique, qu'il rapprocha sensiblement de sa main, de peur de se le faire arracher. La plupart des gens savaient qui il était, et connaissaient son petit rituel du mardi. Si bien qu'on lui avait déjà volé les médicaments. Combien pouvait-il y avoir de drogués dans ces rues ? Tom n'osait même pas y penser. Il n'en avait que faire, après tout.

Il pénétra l'immeuble en poussant simplement la porte grinçante de l'entrée. L'odeur qui régnait dans la cage d'escalier aurait soulevé l'estomac de n'importe qui. La respiration à moitié coupée, Tom gravit les marches quatre à quatre ; croisant parfois des femmes au foyer qui bavassaient fort dans leur langue d'origine. Personne ne faisait attention à lui. Et c'était tant mieux.

Le jeune homme arriva finalement sur le palier du sixième étage, et tourna à droite. Il glissa rapidement sa main libre dans sa grande poche de pantalon, sortant une paire de clefs. Il voulu enfoncer l'une d'entre elles dans la serrure, mais la porte s'entrebâilla. Son c½ur manqua un battement sous la surprise. Pourquoi la porte était-elle ouverte ? A y regarder de plus près, il s'aperçu que la serrure était comme abîmée.

Il soupira fortement cette fois-ci, passant une main sur son visage. Poussant faiblement la porte, il se faufila à l'intérieur, s'attendant presque à y voir des meubles renversés. Mais rien de tout ça n'apparu. Seulement le vieil appartement mal rangé qu'il avait toujours été. Sa respiration se calma et il repoussa la porte déverrouillée derrière lui. Il se rendit directement dans la petite pièce à droite. Malgré tout, la plus grande de l'appartement. Tom n'avait jamais roulé sur l'or. Tout comme son père.

-« Bonjour ... » dit-il doucement à l'attention de l'homme, plus affalé qu'assis sur son canapé.

Le père ressemblait au fils - ou plutôt le contraire, dans l'ordre des générations - on ne pouvait le nier. Ses cheveux blonds, tirant sur le gris, étaient légèrement en bataille, même coupés courts. Il n'avait pas l'air trop négligé. Pour une fois. Tom ne tenta pas d'espérer qu'il allait mieux. C'était comme une prière inutile. Depuis le temps, il avait compris.

Il se rapprocha et s'assit à côté de l'homme, ne lui adressant pas un regard, sachant que son père en ferait autant. La situation aurait pu être triste, et Tom aurait pu redouter chaque mardi comme la peste. Mais ce n'était pas le cas. Ce n'était pas dans sa nature. Il devait venir le voir, alors il le faisait, c'était tout.

Il posa les médicaments sur la petite table basse, et se tourna vers lui. Malgré les années, son c½ur se serra à la vue du désespoir dans les yeux de son père. C'était ... cinglant. A chaque fois. Une des raisons qui faisaient qu'il détestait le regarder. Sa main se posa délicatement sur son genou, tandis qu'il soupirait faiblement. Cet homme avait vraiment de quoi vous enlevez toute joie de vivre en quelques secondes.

Le père fixa finalement le fils. L'échange ne dura pas longtemps avant que l'homme ne prenne finalement conscience de sa présence.
-« Tom. »

Le jeune homme sourit comme il pu. Il ne voulait pas être, un de ces jours, où son père ne le remarquait même pas. Dans ces moments-là, il était bien content de payer une infirmière à domicile. S'il ne le voyait même pas ... comment pouvait-il penser à se nourrir ?

-« Comment vas-tu ? » demanda-t-il doucement, tandis qu'il se levait.
-« Comme toujours ... »

Sa voix était claire et nette. Chose assez peu compréhensible, étant donné qu'il ne parlait à personne en général.

Tom inspecta l'appartement avec minutie, cherchant les choses qu'on aurait pu voler. Après tout, si quelqu'un avait forcé la serrure, c'était bien pour prendre quelque chose non ? La petite cuisine était propre. La salle de bains aussi. Les infirmières faisaient bien leur travail. Mais, à priori, rien ne manquait. Peut-être, était-ce juste les gamins de l'immeuble qui s'amusaient à entrer chez les gens. Ça ne paraissait pas saugrenu à l'esprit de Tom. Les parents ne savaient plus quoi faire de leurs enfants ici.

Il revint au salon, soulagé, puis s'agenouilla sur le canapé. Il ne resterait certainement pas très longtemps. Le regard de son père était à nouveau remplit de douleur, il le regardait sans vraiment le voir. Alors Tom attendit. Tout simplement. Espérant pour rien. C'était désolant.

Il finit par s'appuyer sur le dossier, et regarder par la fenêtre. Rêveur comme il l'était, il ne lui faudrait pas beaucoup de temps pour rejoindre le conte de fées qu'il s'était construit au fil des années. A défaut d'avoir un père aimant, il pouvait toujours en rêver. Tout comme il pouvait rêver que sa mère n'était pas morte dans un tragique accident de voiture. Il était trop jeune quand c'était arrivé. Huit ans, tout au plus. Et son père ne s'en était jamais vraiment remis. C'est pourquoi à l'âge de cinquante ans, il en paraissait cinq voire dix de plus. C'est aussi pour ça que la vie de Tom n'était pas rose, et qu'il voulait toujours croire en un avenir meilleur et féerique.

Après tout ce qu'il avait affronté, il aurait bien droit à un peu de bonheur lui aussi, non ?



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# Posté le lundi 30 mars 2009 15:02

Modifié le lundi 20 avril 2009 14:04

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o3

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o3
______________________________________________________________________________________Chapitre o3

De petites boules blanches pelucheuses tournoyaient dehors, passant rapidement devant la fenêtre. Il neigeait. En revanche, à l'intérieur il faisait chaud et tout semblait douillet. L'appartement était plus spacieux que d'habitude, et les meubles semblaient de meilleure qualité. Neufs et accordés les uns aux autres.

Pourtant, Tom ne les voyait pas vraiment. Il n'avait d'yeux que pour une chose. La jeune femme assise sur le canapé, une couverture sur les épaules, et une tasse fumante entre les mains. Elle buvait de petites gorgées silencieusement, fixant un feu de cheminée que Tom n'aperçu qu'à cet instant.

Il se rapprocha d'un pas, elle ne le remarqua pas pour autant. Il admira ses longs cheveux bouclés et châtains, qui retombaient gracieusement sur sa poitrine. Ses yeux étaient légèrement en amandes, de couleur noisette, presque miel. Son nez fin, contrastait avec ses lèvres charnues. Elle but une nouvelle gorgée. Tom sentait son c½ur battre à une vitesse phénoménale. Elle était tout simplement magnifique. Il avait du mal à décoller son regard de son corps, son visage.

C'était Elle. Ça ne pouvait être qu'elle, la femme de sa vie, n'est-ce pas ?

Il fit un pas en avant. Finalement, elle tourna les yeux vers lui. Un sourire naquit sur ses lèvres divines, l'invitant à se rapprocher encore. Tom en perdait tous ses moyens, bien qu'il n'en ait jamais eu beaucoup. Surtout pour draguer les filles. Il tenta de calmer sa respiration, et fit un nouveau pas.

Elle semblait plus proche que jamais. Tout à coup, il se retrouva juste devant elle, à quelques centimètres de ses lèvres. Son regard plongeait au plus profond de son âme. Si loin que Tom cru qu'elle n'en reviendrait jamais. C'était comme si elle le comprenait ; comme personne n'avait jamais réussi à le faire. Comme si elle était son âme s½ur. Et il en était persuadé.

C'était Elle. Sa princesse.

Il hésita quelques secondes, s'approchant encore, fermant les yeux. Il pu sentir son souffle chocolaté. Puis, plus rien.

Le vide.

Ses paupières s'ouvrirent brutalement sur le noir total. Un rai de lumière apparu à sa droite, transperçant les volets, tandis que le réveil provoquait un vacarme assourdissant à sa gauche. Tom soupira fortement, passant ses mains sur son visage.

C'était la première fois qu'il faisait un rêve d'une telle intensité. Cette fille, cette femme ... elle était son idéal. Enfin, c'était tout comme. Et il venait de s'évanouir dans la nature. Pourtant, son visage, ses traits restaient gravés dans sa mémoire. Et il savait qu'il ne cesserait plus de penser à elle désormais.

Sa main gauche s'abattit tout à coup sur le réveil. Un petit sourire triste se forma sur ses lèvres. Aujourd'hui, il avait un but. Retrouver cette fille. Peut-être était-ce stupide, après tout, elle n'était qu'une invention de son imagination. Mais Tom y croyait dur comme fer, elle existait quelque part, et c'était son âme s½ur.

Il se devait de la retrouver.

~

Le bip stressant des codes barres détectés résonnait dans le hall du magasin. La jeune femme aux yeux verts se concentrait sur sa tâche, à savoir : sourire, prendre un produit, le passer devant le détecteur, sourire, et énoncer le montant que le client devrait dépenser. C'est-à-dire, tout le sale boulot.

Récolter le regard mécontent du client qui s'attendait à moins payer, faire patienter celui-ci quand le code barre ne marchait pas, et lui demander de la monnaie quand il n'y en avait plus en caisse.

Amélie détestait son boulot, sérieusement. Elle n'avait qu'une hâte passer sa dernière année de fac, et partir loin. Loin des regards aguicheurs des hommes mariés ou des célibataires bien lourds. Loin des reproches constants et excessifs de son patron. Elle voulait juste terminer ses études d'histoire de l'Antiquité Grecque, et pouvoir enfin partir enseigner, ou étudier les ruines de ce pays qui la fascinait tant.

-« Monsieur ... erhm, monsieur s'il vous plait, je suis pressée. »

La voix outrée de la vieille femme lui parvenait de derrière. Elle soupira et jeta un ½il par-dessus son épaule pour découvrir le visage rêveur de Tom. Lâchant l'article qu'elle tenait, elle donna un coup de coude dans son dos qui lui tira un gémissement. Mais les protestations cessèrent, remplacées par les bips incessants de code barre. Elle termina de passer les articles qui défilaient devant ses yeux avant de se tourner entièrement vers son ami.

Il s'appliquait à gribouiller les informations indispensables au chèque que lui avait écrit la vieille femme. Elle paraissait agacée, et pendant un instant, Amélie se demanda si Tom n'allait pas encore avoir des problèmes. Mais une fois le papier pré imprimé correctement rempli, il s'excusa et donna sa facture à la cliente. Elle lui adressa un regard noir avant de faire volte face et de quitter le magasin.

Amélie allait parler, mais elle s'aperçu qu'elle n'en avait pas le temps, son client commençait à s'impatienter aussi. La queue était longue à la caisse. Elle étouffa un soupir et continua de remplir sa tâche que ennui.

De son côté, Tom eut plus de mal à se concentrer. L'image de la femme de ses rêves l'obsédait. Il cherchait un détail dans chacune des femmes qui passaient devant ses yeux, pour trouver à qui elle ressemblait le plus. Et si parfois, un nez ou une bouche collait à peu près, aucune ne lui ressemblait vraiment. Mais Tom ne désespérait pas, après tout, il ne connaissait son visage que depuis cette nuit.

~

Vers onze heures et demi, le flot de clients s'amenuisa jusqu'à n'être plus qu'une femme au foyer pressée de ramener les ingrédients manquants au repas chez elle. Tom ne remarqua même pas que c'était l'heure de sa pause. Il ne fit pas non plus attention à la douce main qui passa sur sa joue et dans son cou.

En revanche, lorsque celle-ci se plaqua sur sa bouche et ses narines, l'empêchant de respirer, il écarquilla les yeux, et rebrancha immédiatement le son.
-« Eh oh, Toooooom ! Youhou, y'a quelqu'un là dedans ?! »
Amélie continua son petit manège, tandis que le dreadé glissait ses doigts sous les siens, pour récupérer son souffle, et accessoirement son visage.

Il réussit à décrocher une main, et inspira fortement, haletant presque.
-« Mais t'es malade ! J'ai failli crever ! » chouina-t-il.
Elle rit doucement avant de se pencher sur son épaule, tandis qu'elle posait ses mains dessus.
-« Qu'est-ce qui va pas ? D'habitude, t'es dans la lune ... mais là t'étais vachement plus loin dans le système solaire. » déclara-t-elle, amusée.

Le dreadeux regarda un instant dans le vague, un sourire venant étirer ses lèvres. Puis cet instant prit des proportions gigantesques. Le silence dura, et Amélie soupira en comprenant qu'elle l'avait encore perdu. Elle agrippa sa main et le tira fort. Le grand garçon trébucha en prenant appui sur ses pieds, puis rit alors que son amie le traînait vers la loge des employés. On allait les remplacer, ils allaient enfin pouvoir faire une pause.

Ils traversèrent le magasin en largeur puis passèrent une petite porte rougeâtre. La pièce était minuscule pour les dizaines de caissiers qui travaillaient ici, sans oublier tous les autres employés affectés aux différents rayons. Mais bon, tout le monde savait combien le patron était radin. C'était un véritable capitaliste, accro au profit et à la plus-value.

Un garçon et deux filles, dont une d'une quarantaine d'années, se tournèrent à leur entrée. Amélie sourit à la plus jeune fille et vint lui faire la bise en guise de salutations. Elles échangèrent quelques mots tandis que Tom sortait une clef de sa poche et l'insérait dans le cadenas d'un des casiers qui entouraient la pièce. Il en sortit un sac en bandoulière noir, et l'ouvrit pour découvrir son repas de midi : un vulgaire sandwich et une canette d'Ice tea. La grande classe. Malheureusement, c'était un repas courant. La pause ne durait jamais bien longtemps.

Il s'installa sur un des sièges, autour d'une toute petite table, aux dimensions de la pièce, et Amélie le rejoignit rapidement avec son propre repas. Tom sourit alors qu'elle s'empressait de poser des questions. Il savait comment elle allait le prendre. Il savait exactement comment ça allait se passer : elle allait sourire, puis compatir, et lui dire que ce n'était qu'un rêve, qu'il ne devrait pas concentrer ses pensées en un seul visage. Et elle aurait certainement raison.

Mais Tom voulait tellement y croire.

-« Allez, qu'est-ce qu'y se passe Tomaaaas ?! » demanda-t-elle désespérément, les yeux remplis d'étoiles.
Le dreadé la regarda avec horreur.
-« M'appelle pas comme ça ! »
C'était son prénom, oui. Mais Tom le détestait, en partie parce que c'était son père qui l'avait choisit.

Sa mère, elle, l'appelait toujours Tom, son Tommi. Et elle le câlinait des heures en lui murmurant qu'il était le plus beau, comme toutes les mamans le faisaient un jour. Elle lui racontait des histoires féeriques le soir, et Tom n'attendait que ça, toute la journée durant : aller au lit pour entendre ces contes merveilleux.

Amélie sourit d'une façon machiavélique, avant de se mettre à répéter frénétiquement 'Tomas'. Le dreadeux soupira, et laissa sa tête tomber entre ses bras. Il gémit :
-« Arrêêêêête, c'est bon, tu gagnes. »
-« Ah, dis moi alors. » dit-elle, en souriant, satisfaite.

Il soupira, puis posa sa tête sur sa main, son coude posé lui-même sur la table.
Il se mit à parler à voix basse.
-« J'ai rencontré la femme de ma vie. »
Son interlocutrice écarquilla les yeux, sa bouche s'ouvrant légèrement, comme si on venait de lui annoncer qu'elle gagnait au loto.
-« Vrai ?! » dit-elle, complètement abasourdie.

Tom se sentit rougir un peu. C'était un demi-mensonge. Et il savait que ça ne tiendrait pas longtemps.
-« Où ? Quand ? Qui ? Comment elle est ? Tu la connais d'où ? »
Voilà, là, ça ne tenait déjà plus. Il se mordit la lèvre inférieure, la priant de parler moins fort.
-« C'était ... c'était hier, au Stern café ... je-j'avais, plus Internet chez moi et j'ai décidé d'aller au café pour avoir le wifi ... et puis, je l'ai vu au bar ... et l'ais invité à ma table. » bafouilla-t-il légèrement.

Amélie le regarda avec insistance, interloquée. Et Tom ne tint pas. Son teint devint encore plus rouge, son regard fuyant.
-« Tom ... tu mens. »
-« Non ! Je te jure ... j'ai ... j'ai rencontré la femme de ma vie ! C'est vrai ... »

Il ressemblait vaguement à un gamin qu'on accuserait de mensonge abusif.

Amélie ne savait pas trop quoi penser. Son histoire ne tenait pas debout. Il était trop fainéant pour se déplacer juste pour une connexion Internet, et jamais il n'aurait osé aborder une femme dans un café. C'était certain. Non, ça ne pouvait qu'être faux.

-« Dis-moi la vérité. Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-elle à nouveau.
Le jeune homme soupira et but une gorgée d'Ice Tea.
-« Je déconne pas. Je l'ai rencontré ... c'est juste ... pas dans ces circonstances ... » murmura-t-il, déçu et peiné à la fois.

Elle haussa un sourcil, étonnée.
-« Comment ? »
-« Dans ... dans un rêve. »

A peine avait-il prononcé cette phrase, qu'il se rendit peu à peu compte que tout était stupide et enfantin. Comme lui. Comme toujours.

Il soupira, et évita de croiser le regard de son amie, qui avait déjà commencé à compatir. Le rouage se mettait en route. Et Tom perdait ses illusions petit à petit. Il ferma les yeux, essayant de disparaître de la pièce. Essayant de faire tapisserie.

Une partie de lui se remémora brutalement le sourire éblouissant de la jeune femme aux yeux de miel. Sa voix lui paru claire et douce, tout à coup : « je t'attends, je t'attendrais toujours Tom. ». Son souffle le quitta, alors qu'elle s'évanouissait dans le noir. Il rouvrit lentement les yeux, fixant Amélie qui continuait son spitch.

Ce fut inutile. Cette fois, Tom n'abandonnerait pas.



.


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# Posté le mercredi 08 avril 2009 01:59

Modifié le lundi 20 avril 2009 14:04

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o4

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o4
______________________________________________________________________________________Chapitre o4

Un air de Beethoven résonna dans les nombreuses salles de classe de l'université d'Arts et de Littérature la mieux réputée de la ville. Et peut-être même du pays. Les étudiants se dispersèrent, par petits groupes, parfois seuls. Il était dix heures et quart, mais certains élèves avaient déjà terminé leur semaine. On était vendredi.

Un grand brun à la silhouette longiligne marcha d'un pas pressé vers la sortie, serrant contre lui quelques livres et un trieur. Il jura et s'arrêta juste à la porte, jetant quelques regards autour de lui tandis qu'il réajustait la dragonne de son étui à guitare. Il inspira et passa son sac sur son épaule droite, glissant sa basse en travers dans son dos, ramassant ses livres.

Il reprit son chemin, tournant vers la droite. Il détestait les cours. Il détestait les profs. Il détestait sa mère et tout son fric. Et il détestait par-dessus tout le regard dédaigneux des autres étudiants si BCBG, qui n'appréciaient pas son style. Certains avaient été cafter au principal, qui avait finit par venir lui demander de s'habiller, un peu plus décemment. Enfin, il ne l'avait pas dit comme ça, d'une manière bien plus ... 'décente'.

Le brun grimaça, et concentra toute sa haine sur un gros caillou posé là en travers de son chemin. Il shoota dedans avec force, le regardant filer vers un arbre dans lequel il entra violemment avant de retomber au sol un peu plus loin.

Il ne voulait pas de cette école. Ou plutôt, il ne voulait pas qu'on le traite comme ça. Il voulait des études de musique. Il en avait toujours voulu. Malheureusement, l'instrument qu'il avait choisi de pratiquer avec passion ne rentrait pas vraiment dans la norme des instruments de l'école.

« La basse, ça n'est qu'une guitare à son grave » avait osé dire ce salopard de prof de solfège. Le brun émit un grognement de rage. Ils voulaient le forcer à prendre un autre instrument, à côté. Et pour rester dans la gamme des cordes, on lui avait proposé la guitare. Évidemment, c'était pareil, n'est-ce pas ?

Bill jura dans ses dents.
-« Quels gros cons ! »

Il était rentré depuis à peine deux semaines dans cette fac, et on le forçait déjà à faire des choses qu'il ne souhaitait en aucun cas faire. Il aimait se distinguer des autres, et choisir la basse comme instrument, c'était se différencier de tous les moutons qui avaient appris à jouer de la guitare ou du piano parmi ses anciens amis.

Bill se stoppa finalement. Un soupir échappa à ses lèvres, mais il contint son énervement. Ils n'en valaient pas la peine. Non, il ne devait pas s'enrager pour eux. Ils n'étaient rien comparés à lui.

Il reprit doucement sa route. Il était chargé, mais il devait acheter un nouveau trieur. Celui qu'il avait dans les bras l'avait lâché au bout de quelques jours. Certainement, quand Bill s'était énervé sur son dernier professeur. Il ne pouvait pas claquer les gens, autant se venger sur les objets.

Il marcha sur quelques deux cent mètres avant de tomber sur un supermarché. Petit, et peut-être même miteux, mais aujourd'hui, Bill n'était pas à ça près. Se postant devant l'entrée, il ne pu s'empêcher de regarder la façade avec pitié. Il n'osait même pas penser à ce que ça devait être de bosser là dedans.

Heureusement, même si sa mère ne voulait pas subvenir à tous ses besoins, elle lui versait quand même largement de quoi payer le loyer et faire des fêtes. Seul, ou accompagné. Pour faire preuve de bonne foi, Bill avait du promettre de ne pas embaucher de femme de ménage et autre bonne pour faire ses courses. C'était la chose la plus agaçante qu'il ait jamais du faire : les courses.

Il inspira et entra par les portes coulissantes. L'odeur des tonnes de produits mélangés, du détergeant et plastique lui retournèrent l'estomac. Néanmoins, il continua vaillamment jusqu'au rayon feuilles et autres cahiers, et pris sans réfléchir le plus cher des trieurs. Plus c'est cher, mieux c'est. Son slogan préféré. Il se rapprocha rapidement des caisses, pressé de retrouver la chaleur de son appart. Ainsi que son home cinéma, ses baffles et ses cinq basses.

Bill allait se placer dans n'importe quelle queue, lorsqu'il remarqua une proie plutôt intéressante. Il bifurqua rapidement et se plaça avec un sourire en coin envers la personne concernée. La jeune fille à la caisse le remarqua et soupira pour elle-même.

Encore un boulet, pensa-t-elle. C'était bientôt l'heure de sa pause. Heureusement. Elle n'aurait pas trop de mal à faire passer ça devant le patron. Elle n'avait pas envie de se taper un client de plus. Surtout un mec comme celui-là, qui avait l'air de sauter tout ce qui bouge.

Les deux personnes avant Bill passèrent rapidement, et à peine avait-il posé son article sur le tapis, qu'Amélie se leva. Elle sourit bêtement à Bill et déclara :
-« J'ai fini, désolée. »
Elle n'avait pas l'air désolée du tout. Et Bill perdit instantanément son sourire.

Elle quittait son poste, quand un rire parvint au jeune homme colérique. Le caissier, juste derrière la jeune fille, se tourna à peine vers elle. Elle lui lança un regard entendu avant de déclarer solennellement :
-« Je vous adresse à mon collègue. »
Elle pointa la caisse du jeune homme.

Bill ragea intérieurement envers la jeune fille et tenta de sa calmer. Encore une connasse qui se foutait ouvertement de sa gueule. Dans son ancien lycée, les filles passaient toutes par son lit, et le priaient presque pour lui faire une petite gâterie.

Bill ne bougea pas quelques instants, et finit par se placer à la caisse indiquée. C'était la seule ouverte de toute manière. Il regrettait presque d'être entré ici. Il soupira de frustration et observa ses longs doigts fins, et musclés par les heures de grattage intensif qui l'avaient mené jusqu'ici.

Le vieil homme devant lui avait visiblement décidé d'acheter le magasin entier. Bill soupira plus fort encore, incommodé par la tournure des choses. Il leva finalement les yeux du tapis, cherchant quelque chose à faire. Il avait presque envie de jeter le trieur au sol et de se casser. Mais il avait encore sa dignité.

Il posa son regard sur le caissier. Il était plutôt mignon, dans les vingt-cinq ans, des traits fins. Il avait l'air d'être ailleurs, comme sur un petit nuage, et ça lui donnait un certain charme. Bill l'observa longuement, se demandant s'il pourrait en faire un coup du soir potentiel. Pas de bague au doigt, un style décontracté. Un coup d'½il sur ses avant-bras et ses biceps l'informa qu'il était musclé comme il le fallait.

Ça avait l'air d'une proie alléchante. Peut-être allait-il avoir un coup ce soir ?

Bill s'empressa de lire l'étiquette collée à l'immonde veston rouge pour savoir à qui s'adresser : 'Tomas'. Il continua de détailler le garçon sous tous les angles, nullement gêné. Son nez assez court et retroussé, ses lèvres pulpeuses, surtout celle du bas, son piercing si bien placé, et ses longs cils. En réalité, il était plutôt efféminé.

Un petit sourire satisfait apparu sur ses lèvres, tandis que sa future proie tendait un ticket de caisse au vieil homme. Bill prit son attitude la plus noble, bien que ce joli mec se soit déjà foutu de sa gueule précédemment. La situation changeait, IL était sa proie cette fois-ci. Finalement, leurs regards se croisèrent. Mais l'échange ne dura qu'une milliseconde avant que le blond ne baisse les yeux, s'emparant de son achat sans plus de cérémonies. Pas même un bonjour. Bill comprit qu'il n'avait pas eut l'effet escompté.

Ça n'avait pas l'air d'une proie facile.

Une pincée d'adrénaline gonfla les poumons du brun qui sourit avec malice. C'était d'autant plus amusant. Bill avait une façon de draguer très particulière, et en plusieurs phases. Son plus gros atout résidait en sa personne. Il était beau, il le savait, et en profitait largement. Peut-être qu'il n'aurait même pas besoin de plus pour séduire le jeune homme.

Il passa devant le blond, et s'appuya négligemment sur la caisse, tandis que Tomas énonçait le prix machinalement, sans pour autant le regarder. Il sembla même replonger dans sa léthargie rêveuse. Bill ne bougea pas, sûr de lui. Quand il le regarderait, il montrerait forcément un signe de faiblesse face à sa beauté. Rares étaient ceux qui y résistaient. Et comme sa pétasse de copine l'avait fait, Tomas ne pouvait y rester insensible. C'était statistiquement fiable.

Le silence perdura, Bill commençait même à s'impatienter et décida de sortir son portefeuille, pour faire comme s'il cherchait son argent. La ruse fonctionna car le jeune homme leva les yeux vers lui. Le brun fit comme s'il ne le voyait pas pendant quelques secondes, puis il le regarda avec intensité. Ça marchait toujours.

Il sourit faiblement en voyant les joues de Tomas prendre une teinte rosée, alors qu'il fuyait son regard. Bill laissa passer quelques secondes avant d'extirper un billet de son portefeuille. Il le tendit délicatement au caissier de manière à ce que celui-ci soit obligé de toucher sa main pour le prendre.

Le contact tira un frisson au blondinet, qui le fit rougir plus encore. Le brun commença à s'inquiéter : serait-il tombé sur une sainte nitouche version mâle ? Ca existait ça ? Il sourit sensuellement à Tomas avant de déclarer de façon adorable :
-« Je suis désolé, je n'ai pas moins. »

Le caissier paru autant gêné par son regard, que par la situation. C'était un billet de cent euros qu'il lui avait donné. Autant dire que pour payer sept euros trente six, c'était bien quatre vingt dix euros de trop.

Ses joues rougies lui donnaient un air enfantin, qui effaçait les traits qu'avait imprimé la vie sur son visage, à certains endroits. Il ouvrit la caisse, les doigts tremblants légèrement, et se mit à fouiller avec ardeur pour trouver sa monnaie.

Malheureusement, Tom n'avait pas tout ce qu'il fallait. Il lui manquait presque vingt euros, et il commença à stresser fort. Il détestait ce genre de situation, pas que ça lui soit arrivé souvent, mais il détestait se faire draguer. C'était évident que ce mec lui faisait du rentre dedans ! Il inspira faiblement, et se leva sans lui adresser un regard, murmurant :
-« Je ... je reviens avec votre monnaie, patientez s'il vous plait, ça ne sera pas long. »

Sa voix s'évanoui sur la fin, tandis qu'il se levait pour se rendre à l'accueil. Le regard rivé au sol, il ne vit pas le garçon se placer sur son chemin, le bloquant de toutes parts. Il le percuta légèrement, et émit un hoquet de stupeur, ne s'attendant pas à ça.

Leurs regards se lièrent à nouveau, et Tom rougit à n'en plus pouvoir. Ils étaient si proches, la situation le mettait vraiment mal à l'aise. Jamais auparavant un garçon ne l'avait dragué. Encore moins aussi franchement. Tom n'osait pas bouger.

Ce garçon l'intimidait, il avait l'air si sûr de lui. Et puis, qui se baladait avec un billet de cent euros ? C'est à peine s'il en avait déjà eut un à lui dans toute sa vie. Les lèvres du jeune homme se rapprochèrent de son oreille, un murmure s'y glissa.

-« Ou peut-être que tu pourrais me la donner demain, et qu'en contrepartie tu accepterais un rencard avec moi ?»

Le c½ur de Tom manqua un battement, il en était sûr. C'était désagréable.

Il s'y attendait, et en même temps, il ne voulait tellement pas que ça arrive ! Bien sûr que non il ne voulait pas sortir avec ce mec ! C'était un dragueur, un chaud lapin, un ... un, un mec ! En plus ! Tom devait déjà trouver cette femme, la femme de sa vie, celle qu'il n'avait vu qu'une seule fois en rêve, il y avait de cela un mois déjà ... Il avait cherché activement, acceptant même de sortir plus avec ses amis, en espérant la croiser au coin d'une rue. Il s'était imaginé des centaines de conversation avec elle, ça le rassurait.

-« Alors ? »

La voix chaude le tira de ses pensées brutalement. Enfin, pas autant que la main délicatement posée sur sa hanche. Il sursauta et s'écarta brutalement du jeune homme en reculant. Il rougit comme une vierge effarouchée, le fixant avec surprise.

Le brun aux longs cheveux rit avec amusement. Tom ne pu s'empêcher de le détailler, lui cherchant tous les défauts du monde. Quel gros con. Il portait une chemise blanche et une veste de costume customisée noire. Son slim en jean noir n'allait pas vraiment avec le reste de son style classe. Il avait une guitare dans le dos, chose que Tom ne pouvait dénigrer.

En revanche, son sourire lui paraissait malsain, ses dents complètement désalignées et son corps trop mince. Tom eut presque envie de soupirer à ses propres constats. C'était tout ce qu'il avait trouvé. Ce mec était beau, même pour un autre mec. Pourtant, il prit sa respiration et le bouscula pour passer.

-« Je vais plutôt aller chercher votre monnaie. » dit-il, en se dirigeant d'un pas pressé vers l'accueil.

Derrière lui, le brun sourit pour lui-même à la réflexion de Tom. Ça s'averrait encore plus compliqué. Il allait devoir jouer d'une carte beaucoup plus vicieuse, mais ... pas tout de suite. Il avait le temps. Le caissier n'allait pas s'envoler après tout.

Qu'aurait dit Tom s'il avait su que ce grand garçon décharné allait bouleverser sa vie bien plus sérieusement que cette femme qu'il cherchait désespérément ?



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# Posté le mercredi 08 avril 2009 17:55

Modifié le lundi 20 avril 2009 14:03

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o5

Il ne comprend pas que les contes de Fées n'existent pas.____o5
______________________________________________________________________________________Chapitre o5

La pièce était vide de vie. Le silence le plus complet pesait dans l'espace. Puis un soupir sembla arriver comme une bourrasque, tant il était inattendu. Tom s'étira un peu plus. On était mardi soir, journée où il ne travaillait pas. Et il n'avait absolument rien fait. Enfin, rien qui sorte de sa routine.

Comme d'habitude il était passé à la pharmacie, renouveler l'ordonnance de son père, puis il était passé le voir. Cette fois-ci, il avait été invisible aux yeux de son géniteur. Tom détestait ça. Savoir qu'il était enfermé dans son petit monde. Vivant parmi ses souvenirs comme s'il y était encore. Revoyant sa mère, qui lui manquait tout autant qu'à lui. S'enfonçant encore plus dans son malheur et son désespoir. Tentant de se créer une seconde vie. Il haïssait son comportement. Parce qu'inconsciemment, il agissait sur le sien.

Parfois, il se disait que peut-être, si son père n'était pas ... dans son propre monde, pas si renfermé ; peut-être, qu'il aurait été un garçon normal. Un homme comme les autres qui serait sortit avec des filles, tout en sachant qu'il n'allait pas passer sa vie avec elles. Un homme qui aurait eu des tas d'amis, avec qui il aurait passé des soirées à boire et rire.

Mais Tom n'était pas ça. Et il savait qu'il ne le serait jamais. Parce qu'aujourd'hui, il était trop tard. Il ne supportait pas de ne serait-ce que 'penser' à changer. Il ne voulait pas. C'était trop dur. Il grimaça sans faire attention, et attrapa son portable, posé sur l'accoudoir. Tom était un garçon rêveur, il aimait penser. Mais pas à ce genre de choses.

Il déverrouilla le clavier du petit appareil et chercha dans ses contacts. Le numéro de son meilleur ami était au milieu du répertoire. Une fois le nom et numéro en surbrillance, Tom hésita. Il avait envie de l'appeler, mais il détestait le déranger.

Matthew avait beau être son meilleur ami, il habitait à des centaines de kilomètres. L'écran devint plus foncé. Tom avait parfois du mal à croire que même la personne en laquelle il avait le plus confiance, l'intimide de cette manière. Son meilleur ami avait toujours les conseils les plus judicieux. Il l'avait tiré de pas mal de galères, pas si importantes en réalité, mais qui terrorisaient le blond. Tom était si conventionnel. Encore un défaut qui irritait son entourage.

Matthew le considérait comme son petit frère bien aimé, qu'il passait son temps à protéger, de loin. Il avait pourtant un an de moins que Tom, mais ça n'avait pas d'importance. C'était comme ça depuis qu'ils s'étaient rencontrés l'année de leur terminale. Celle que Tom avait redoublée.

L'écran était maintenant totalement noir, et il le fixait, indécis. Finalement, il n'eut plus à faire de choix, le portable s'alluma brusquement tandis qu'il se mettait à vibrer dans sa main.

Un nom s'afficha, et il s'empressa de répondre.

-« Oui ? »
-« Hey, Tominou, ça va ? »
demanda la voix féminine, à l'autre bout du fil.
Il y avait beaucoup de bruit derrière elle. Des rires, des voix, des sons de couverts en tapant d'autres.
Tom n'eut pas trop de mal à deviner où elle était.
-« Hum, ça peut aller. Et toi ? T'es au café ? » questionna-t-il à son tour.
-« Ouais, et ça a pas l'air d'aller si bien que tu veux me le faire croire ... »
-« Si ... si, ça va ... »
répondit Tom, peu convaincant.
-« Raaah, j'aime pas quand t'es comme ça. T'as encore trop réfléchi, ça se sent ! Allez ramène tes miches, viens boire un pot avec nous. » dit-elle joyeusement, essayant de le persuader.

Tom soupira imperceptiblement. Il n'était pas si sociable. Les amis d'Amélie l'aimaient bien en règle générale, mais tous s'accordaient à dire que le jeune homme passait la soirée à les regarder s'amuser plutôt qu'à le faire lui-même.

-« Je ... je sais pas, j'ai pas envie de vous dé- »
-« Mais n'importe quoi ! Bouge tes fesses avant que ce soit moi qui vienne te chercher, Tomas. »
insista-t-elle fortement, appuyant son prénom.

Le dreadé se redressa, sentant son échine frissonner.
-« Okay, okay, ne monte pas sur tes grands chevaux ! » dit-il, tentant une petite blague pour se faire pardonner.

Amélie ne supportait pas que Tom se dénigre ainsi. Elle avait bien remarqué, avec quelle envie il regardait certaines personnes : celles qui avaient du charisme, celles qui savaient remonter le moral des autres, ou même, celles qui savaient s'habiller. Pourtant, il n'était pas aussi pitoyable et insignifiant qu'il semblait le penser.

Elle laissa transparaître un sourire à l'autre bout du fil, mais garda une voix autoritaire.
-« Bon, si t'es pas là dans moins de dix minutes, je te tue de mes propres mains. Compris ? »
-« Euh ... mais faut le temps que je me prépare et que je vienne ... c'est pas la porte à côté quand même ! »
s'insurgea précautionneusement le dreadé.
-« Je m'en fiche, tu n'as pas d'excuses ! » dit-elle, en riant de l'effet qu'elle lui faisait.
-« Mouais ... m'enfin, j'voudrais pas mourir bêtement pour ça quoi et- »
-« Tu perds du temps Tominou ! »
s'exclama le jeune femme brusquement.

Tom n'eut rien le temps de répondre, la tonalité sembla lui rire au nez. Il haussa un sourcil, fixant son portable. Elle avait raccroché. Un petit air vexé sur le visage, le dreadé se leva d'un bond pour battre son record de vitesse. Pas trop dur en réalité, Tom était quelqu'un qu'on avait du mal à presser, si ce n'était pas pour éviter une perte d'emploi.

~

Marchant d'un pas rapide dans l'air froid de ce soir d'automne, Tom réajusta son écharpe, tout en jetant quelques regards autour de lui. Les quartiers devenaient de plus en plus animés, au fur et à mesure qu'il avançait. La vie citadine l'avait toujours beaucoup intéressé.

Tom avait beau ne pas être excessivement sociable, il se plaisait à regarder les gens vivre. Il observait des situations, ça et là. Dans la rue, dans les magasins, dans les appartements voisins. On aurait pu juger son comportement immoral, mais il ne voyait pas les choses comme ça. Il considérait cela de façon légitime. Étant donné que lui ne vivrait jamais de telles situations, pourquoi n'aurait-il pas le droit de s'en inspirer pour rêver ?

Il soupira et jeta pour la seconde fois sa vieille écharpe noire pelucheuse sur son épaule. Le café n'était plus qu'à quelques ruelles. Le fameux Stern Café dans lequel il avait dit avoir vu la femme de sa vie. Amélie et ses amis s'y rejoignaient très souvent.

Tom sentit une pointe d'amertume lui pincer le c½ur lorsque la façade lumineuse fut en vue. Avec leurs âneries, il ne savait même pas sur qui il allait tomber. Non pas qu'il détesta les fréquentations de son amie, mais certaines personnes ne lui plaisaient guère. Tout simplement car il ne savait pas faire face à leur caractère propre.

Il inspira légèrement l'air froid, avant de pousser la porte du petit café de rue. Des étoiles de toutes sortes remplissaient la pièce, en hommage au nom de l'établissement. Aussi bien des sculptures que des peintures, ou seulement des autocollants. L'endroit dégageait un certain charme, que Tom avait apprécié dès le départ. Depuis qu'Amélie l'avait amené ici pour la première fois.

Il soupira sous la chaleur presque suffocante qui l'accablait tout à coup, et jeta de brefs regards autour de lui. Il détestait regarder les gens en face, mais il avait appris à le faire à contrecoeur. Son travail ne lui permettait pas de baisser les yeux sur les articles constamment. La plupart des gens ne supportent pas qu'on les ignore du regard.

Il se focalisa bien vite sur sa gauche, près de la vitre, où une banquette faisait l'angle de la pièce. C'était souvent le coin où le petit groupe d'amis se réunissait. Et ce soir ne faisait pas exception à la règle. Amélie ne l'avait pas encore remarqué et l'espace d'un instant, son instinct lui dicta de partir pendant qu'il le pouvait. Une preuve flagrante de son insociabilité.

Il releva les yeux vers le groupe, et croisa le regard de son amie, qui lui sourit en faisant un signe. Trop tard, siffla son instinct. Tom eut envie de lever les yeux au ciel tant il se trouvait pathétique.

Il s'approcha doucement de la petite assemblée, se sentant déjà de trop. Tout le monde n'était pas là. Il devait en manquer deux, ou trois. Deux des garçons semblaient engagés dans une discussion primordiale, si bien qu'ils ne le remarquèrent pas immédiatement, tandis que tous les autres regards se tournaient vers lui.

Le dreadé se sentit légèrement gêné, mais ne rougit pas. Il y avait des situations bien plus embarrassantes. C'était ce qu'il se forçait à penser dans ces cas-là. Par exemple, la fois où ce mec l'avait dragué, la semaine dernière. Le stratagème fonctionna à l'inverse et cette fois-ci, ses joues se tintèrent de rose.
Finalement, ce n'était peut-être pas une si bonne idée ...

-« J'ai failli attendre ! » déclara tout à coup Amélie, faisant semblant de le sermonner, avant de partir d'un faible éclat de rire.

Avant que Tom n'ait pu faire quoi que ce soit - ce qui fut utile, vu qu'il ne savait justement pas quoi faire - elle se décala contre un autre garçon pour lui faire une place. La banquette étant trop petite, deux des jeunes gens avaient ramené des chaises d'autres tables pour les poser devant l'espace restant de la tablée. Ils étaient sept en tout et pour tout. Trois filles et quatre garçons, désormais cinq.

Tom s'assit avec hésitation, esquissant un sourire timide et bégayant un bonjour qui l'était tout autant.

Le garçon à sa gauche, assis sur une chaise, et blond comme les blés, se nommait Evan. Ses cheveux mi-longs étaient magnifiques, mais semblaient lui poser beaucoup de problèmes si l'on en jugeait son look de gothico-métaleux. C'était d'ailleurs une chose dont il se plaignait régulièrement, et tous finissaient par lui répondre une phrase devenue culte : « va te teindre ! ».
Lorsque Tom l'avait entendue pour la première fois, il n'avait pu s'empêcher d'en rire discrètement. Evan l'avait vu, et lui avait sourit, tentant de se faire plaindre par quelqu'un au moins. Depuis, et quand Tom était parmi eux, il le jugeait tel son sauveur.

Assis sur l'autre chaise, riant à gorge déployée, se tenait une jeune fille aux yeux d'un bleu très clair, et cheveux châtains. Anna. Elle était simple dans sa façon de penser, et de s'habiller. Pourtant elle pouvait paraître parfois extravagante, car elle possédait une joie de vivre sans limites.
Tout était source de bonheur à ses yeux. Et les moments passés avec ses amis l'étaient d'autant plus, si bien que Tom ne s'étonnait plus de la voir rire constamment.

Il regarda face à lui pour rencontrer le regard inexpressif d'un des garçons qu'il appréciait le moins : Logan.

Le jeune blond aux cheveux courts, et d'une banalité impressionnante, ne le portait apparemment pas dans son c½ur. Peut-être était-ce parce qu'il était rempli de préjugés et l'avait immédiatement catalogué en tant que 'flemmard shooté écoutant Bob Marley et ne souhaitant rien foutre de sa vie'.

Tom évita son regard, et sauta rapidement la personne à ses côtés.

C'était sa petite amie, Sarah. D'ailleurs, il y marquait bien son territoire, un bras enroulé autour de ses épaules. Elle était jolie et intelligente. Tom n'avait jamais compris pourquoi elle sortait avec ce type, mais ce n'était pas son histoire après tout. Il ne connaissait pas leur vie.

A sa droite, Mark, le plus vieux de la bande, du haut de ses trente cinq ans. Il avait un style plutôt efféminé : ongles vernis, yeux maquillés, vêtements très serrés, et cheveux courts bien soignés. Tom s'était laissé dire qu'il avait un petit ami depuis quelques mois. Néanmoins, il ne l'avait jamais vu.

Et le dernier présent à table était caché par Amélie, qui l'avait poussé pour faire de la place.

Il s'appelait Georg, et c'était aux yeux de Tom, le plus sympathique de tous. Le rigolo de la bande en quelque sorte. Son air souriant et un peu macho, cachait un grand c½ur amoureux d'après Amélie. Lorsqu'ils s'embêtaient au boulot, elle lui racontait parfois certains secrets. C'est ainsi que le dreadé avait su que Georg cherchait désespérément un moyen de se faire remarquer par Anna. Et d'après Amélie c'était plutôt sur la bonne voie.

Tom avait parfois l'impression de vivre un remake de Friends en venant au café.
Un petit coup porté à ses côtes le fit siffler.

-« Eh ! » murmura-t-il, à l'attention de son amie.
-« Je te pose une question figure-toi là. » soupira-t-elle, en levant les yeux au ciel.
Tom était encore entrain de rêver, comme d'habitude. Ca devenait sidérant.
-« Est-ce que tu peux décrire le mec qui t'as dragué vendredi dernier ? » déclara-t-elle simplement, sans gêne aucune.

Le dreadé ne pouvait pas rêver pire. Evoquer ce souvenir ne lui plaisait absolument pas. Il leva les yeux, rougissant. Tous les regards étaient brusquement braqués sur lui, tantôt amusés, tantôt étonnés. La-hon-te.

-« Il t'a dragué aussi ... et ... pourquoi tu veux parler de ça ? » demanda-t-il, embarrassé.
Elle retint un rire en voyant sa gêne, et désigna Mark qui lui souriait franchement.
-« Je connais à peu près tous les mecs gays de la ville, j'aimerais bien savoir qui c'est ... » dit-il, légèrement suppliant.

Tom était trop stressé pour se faire la remarque, mais le jeune homme était incroyablement jaloux, et sur le coup, il n'avait pu s'empêcher de penser, que, peut-être c'était son copain. Ils ne sortaient pas ensemble depuis très longtemps, et surtout, il avait sept ans de moins que lui. Il avait toujours peur de le voir partir avec un autre, plus jeune, ou plus riche, peut-être.

Tom tenta vainement de se reprendre, et bégaya un peu, mais se trouva assez concluant.
-« Bah, il était grand, brun, euh, les yeux ... noisette, maquillé, des traits fins, et il ... il avait une guitare ... »
Il se retint de rajouter ' et pas mal de fric apparemment', chose qui l'avait un peu vexé.

Il avait eu l'impression qu'il voulait l'attirer avec son billet. Tom s'était senti grandement rabaissé par sa façon de le regarder, comme s'il était un produit qu'il désirait payer. Et dont il comptait se servir ...

Un frisson parcouru son corps. Il n'osait même pas imaginer. Il n'avait rien contre la communauté homosexuelle. Absolument rien, mais il n'avait jamais été réellement attiré par un homme. Et ce n'est certainement pas un mec de ce genre qui pourrait le faire virer de bord.

Il n'aperçu pas le regard étonné de son amie. Amélie semblait très intriguée, et ce n'était apparemment pas la seule. Evan et Anna se lancèrent un petit regard. Tom ne parlait jamais beaucoup. Ne serait-ce que pour répondre à une question. S'il prenait le temps d'énoncer autant de détails sur un simple mec qui l'avait dragué, c'est qu'il en était sorti marqué.

Un petit soupir échappa à Mark.
-« Merci ... je crois que je ne le connais pas. Enfin, la description ressemble à pas mal de gars que j'ai déjà vu, mais aucun ne joue de la guitare ... » dit-il, plus à lui-même qu'aux autres.

D'ailleurs, personne ne l'écoutait vraiment. Sarah et Logan se donnaient un baiser langoureux, Georg tentait de raconter une blague à Amélie, tandis qu'Evan et Anna parlaient à voix basse de l'événement du jour. Quant à Tom, comme à son habitude, il était reparti dans ses pensées.

Finalement, venir ici n'arrangeait pas son cas, si personne ne prenait la peine de le sortir de sa tête.

~

-« Bon bah, à la prochaine Tom ! » déclara Evan, en lui tapant amicalement l'épaule.

Le jeune dreadé fit un sourire forcé au blond et souhaita une bonne soirée aux autres en se détournant, s'apprêtant à partir rapidement pour rejoindre son studio douillet. Mais il fut brusquement tiré en arrière, et hoqueta de stupeur.

-« Attends, je viens avec toi. »

Amélie lui fit un immense sourire auquel Tom ne pu résister, comme toujours.

Il attendit quelques minutes de plus dans l'air froid de la nuit, tandis que la jeune femme s'étendait en politesses et papotages avec ses amis. Et pourtant, le froid ne l'empêcha pas de s'enfoncer dans ses pensées à nouveau. Lorsqu'il dérivait ainsi, il pouvait aussi bien réfléchir à la complexité du monde ou du système économique actuel, qu'à son amour inconditionné pour la guitare, ou cette mystérieuse femme de ses rêves. Il n'aperçu pas tout de suite, le petit complot qui se dressait autour de lui, juste à sa droite entre trois des jeunes gens qui tardaient à se séparer.

-« C'est bizarre quand même non ? » demanda Anna, d'une petite voix qu'elle voulu discrète.
-« Parle normalement, il rêvasse encore, il comprendra rien. » dit Amélie, en riant doucement.
-« A mon avis, il est bi et il le sait pas encore ! » s'exclama Evan, drôlement amusé par la situation.
Amélie frappa son épaule après avoir vivement jeté un ½il au dreadé, duquel elle tenait encore le bras.
-« Pas si fort ! Imbécile. » elle continua tandis que le blond se marrait tout seul, « je vais tenter de mettre ça au clair, pour le moment il fantasme sur une femme qu'il a inventé ... ça m'étonnerait qu'il ait craqué aussi vite pour un vantard ... mais bon ... c'est Tom, on sait jamais à quoi s'attendre avec lui. » soupira-t-elle.

Tout à coup, le jeune blond sembla s'éveiller.

-« Quoi ? Tu parles de moi là ? » s'enquit-il, l'air aussi attentif qu'un ours réveillé en plein milieu de l'hiver.
Amélie leva les yeux au ciel, alors qu'Anna et Evan partaient enfin de leur côté, se moquant gentiment de Tom. Elle tira doucement son bras, toujours accrochée après et pas prête de s'en défaire vu la froideur de l'air.

Ils traversèrent quelques rues en silence, jusqu'à ce que le dreadeux ne s'aperçoive de quelque chose.
-« Au fait, où on va là ? » demanda-t-il, étonné.
-« Je me demandais si tu allais seulement t'en rendre compte ! » dit-elle, amusée.
Tom la secoua un peu en représailles.
-« Eh ! ... on va chez toi. Je me demandais si ... » commença-t-elle.
Sa phrase resta en suspend, et le jeune homme tourna la tête vers son amie, intrigué.
-« Quoi ? »
-« Je me demandais si ... bah, de toute façon j'ai pas besoin de ton accord, je m'impose chez toi ce soir. »
déclara-t-elle simplement, reprenant la marche à pas rapides.

Elle éclata de rire en voyant l'air abasourdi du dreadé.

-« Nan mais, je rigole hein. Enfin, à moitié ... j'aimerais bien passer la nuit chez toi, si tu n'y vois pas d'inconvénient. Je crois que tu as besoin de te changer les idées ... » dit-elle doucement.

Tom soupira, et acquiesça, s'étalant sur le fait que son appart devait être un bordel innommable, où elle ferait mieux de ne jamais mettre les pieds.

Ils arrivèrent bientôt devant l'immeuble, où Amélie enclencha une course poursuite dans les escaliers après avoir cherché à faire tomber le pantalon du jeune homme. Lorsqu'il l'attrapa sur le paillasson, il la chatouilla jusqu'à qu'elle en pleure, puis, satisfait, ouvrit la porte.

Le studio avait beau être petit, il avait du charme et était confortable. Amélie ne l'avait encore jamais vu. Pourtant, elle connaissait Tom depuis une bonne petite année. Elle regarda partout autour d'elle, observant chaque détail qui lui en apprendrait encore plus sur son ami. Contrairement aux dires de celui-ci, l'appartement était parfaitement rangé. Normal, on était mardi.

Alors qu'Amélie étudiait encore l'habitacle, Tom décréta qu'il était crevé.
Elle se tourna, étonnée.
-« Déjà ? Moi qui voulais parler toute la nuit ! » s'écria-t-elle en riant.
-« Eh oui, je ne suis pas une fille, je ne suis pas une pipelette moi. » répondit-il, en insistant bien sur le dernier mot.

Elle haussa un sourcil et humpffa. Tom rit doucement à sa réaction, puis grimpa rapidement les escaliers. Et Amélie pu assister à un spectacle quotidien. Un gros boum sourd résonna, tandis que le dreadé geignait. La poutre avait encore frappé. Elle éclata littéralement de rire avant de monter à sa suite, voulant s'assurer qu'il ne s'était pas fait mal malgré tout. Au début vexé, Tom finit par la rejoindre.

La soirée finissait bien.

~

Calée au fond du petit canapé à moitié défoncé, Amélie réfléchissait. De ses pensées sur Tom, elle avait finit par dériver jusqu'à sa propre vie. Elle s'en voulait tant de s'être laissée couler, allant jusqu'à devoir accepter un boulot de caissière pour terminer ses fins de mois.

Elle avait maintenant vingt et un ans, bientôt vingt deux, et une fois ses études finies, elle savait qu'elle n'aurait jamais assez d'argent pour partir en Grèce. Elle devrait se faire embaucher par un musée, où quelque chose du genre.

Ça ne lui déplaisait pas, au contraire ; mais combien de musées seraient-ils prêt à embaucher une fille à peine sortie des bancs de la fac, à un poste où seule l'expérience compte ? Elle en désespérait d'avance. Elle soupira, se tournant un peu sur le canapé.

Ça ne faisait que deux semaines qu'elle était allé voir sa s½ur, et elle avait déjà envie d'y retourner. Son bien le plus précieux y était, chez elle, alors qu'il aurait du être dans ses bras. Elle refoula ses larmes, et tenta de trouver le sommeil.

Dans la mezzanine, à l'étage supérieur, un jeune homme souriait bêtement en imaginant sa dulcinée le couvrir de caresses.

Peut-être n'est-ce pas seulement l'amour qui rend aveugle, mais bel et bien les illusions ...



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# Posté le vendredi 17 avril 2009 11:02

Modifié le lundi 20 avril 2009 15:44

I'm sorry !

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Beuuuuh, je vous fais honte désoléééée
Allez voir le dernier article de Sex-Change, si vous voulez des news,
elles n'ont toujours pas changé, bien que les autres fics avancent.

Bisous, Euphy.

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# Posté le mardi 09 juin 2009 16:33

Modifié le vendredi 04 septembre 2009 12:44